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Rapport sur les «prisons clandestines» de Chine 

2009-11-21 2:17

 

Le rapport de Human Rights Watch publié mercredi est intitulé "le chemin de l’enfer".

Le groupe des droits de l’homme a interrogé trente cinq citoyens chinois qui voulaient se rendre à Pékin ou dans d’autres capitales provinciales, afin de demander réparation pour des abus dont ils ont été victimes, comme des saisies illégales de terres, corruption de fonctionnaires locaux ou torture par la police. Mais au lieu d’obtenir de l’aide, les pétitionnaires sont détenus prisonniers dans des hôtels, des maisons de repos et des hôpitaux psychiatriques utilisés comme centres de détention de fortune.

[Sophie Richardson, directrice de la section Asie de Human Rights Watch]:
"Nous avons tout documenté, en allant des menaces de viol et autres formes de violence psychologique à la détention des enfants dans ces établissements, certains aussi jeunes que six ans. Les sévices physiques sont horribles, mais il existe aussi le vol, l'extorsion... En plus ces personnes n’ont absolument aucun moyen de recours contre ces types d'abus en partie parce que le gouvernement chinois continue de nier l'existence de ces centres de détention."

Ces prisons clandestines ont augmenté avec l'interdiction de placer en détention les vagabonds. Ces six dernières années, agents de l'Etat ont systématiquement enlevé les pétitionnaires pour faire diminuer volontairement le nombre de plaintes et ainsi ne pas être pénalisés.

Le pétitionnaire chinois Zheng Dajing a déclaré avoir été détenu pendant plus d’un an dans une prison clandestine près de la gare du sud de Pékin.

Il se rappelle comment trois hommes l’ont fait rentré de force dans un fourgon alors qu’il se rendait à Pékin au bureau des pétitions et des appels, afin de déposer une plainte.

[Zheng Dajing, pétitionnaire]:
"Ils m’ont arrêté et m’ont poussé à l’intérieur. Deux personnes étaient assises sur moi et les trois me maintenaient au sol. Ils essayaient délibérément de me faire mal."

En dépit des témoignages des pétitionnaires, le régime chinois continue de nier l’existence de ce type de prisons. En juin dernier, dans le rapport de l'examen périodique universel devant le Conseil des droits de l'homme des Nations unies, le régime avait ouvertement déclaré : "Il n’y a pas de prisons clandestines dans le pays."

La plupart des anciens détenus interrogés par Human Rights Watch ont affirmé avoir été enlevés arbitrairement. On ne leur a jamais donné la raison de leur détention, ni annoncé la durée de leur détention.

Sophie Richardson a déclaré dans le rapport de Human Rights Watch :
"L’existence de ces prisons secrètes au cœur de Pékin tourne en ridicule les déclarations du gouvernement sur l’amélioration des droits de l’homme et le respect des lois."